Couillard vante la stabilité économique du Québec à Londres.

Le premier ministre Philippe Couillard a courtisé le milieu des affaires londonien, jeudi, en jouant la carte de la stabilité économique dans l'espoir de stimuler les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni - un des principaux partenaires commerciaux du Québec.

Au premier jour de sa mission économique et politique, M. Couillard a vanté, au cours d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, son plan de redressement des finances publiques, qu'il a qualifié de rigoureux.

« Il n'y a pas d'austérité véritable au Québec. Si vous comparez ce qui s'est produit en Espagne ou en Grèce, ça n'a rien à voir. Nous ne sommes pas en (période) de retrait sur les dépenses.  » — Philippe Couillard

Quelque 190 personnes issues du monde des affaires s'étaient déplacées pour entendre M. Couillard qui, dans un discours ponctué de passages en français, s'est affairé à vanter le climat d'affaires instauré par son gouvernement, notamment grâce au Plan Nord ainsi qu'à la Stratégie maritime, qui en est encore à ses balbutiements.


Stabilité politique aussi

Sans mentionner directement le Parti québécois (PQ), M. Couillard a souligné que « l'orientation politique » de son gouvernement ne l'avait pas forcé outre mesure à rassurer des investisseurs.

« Chaque fois qu'il y a (un dossier) qui pourrait mener sur une question concernant la séparation du Québec ou un référendum, ça inquiète les investisseurs, a-t-il dit. Ça serait naïf de prétendre le contraire. »

M. Couillard s'est également permis de souligner le retour à l'avant-scène du thème de la laïcité au PQ, expliquant qu'il s'agissait d'un « drôle de choix de priorité », alors que son gouvernement préfère parler d'économie.

Au cours de son allocution, le premier ministre a vanté l'intérêt partagé par le Québec et le Royaume-Uni pour des secteurs comme l'aérospatiale, les technologies de l'information et les sciences de la vie, entre autres. C'est, selon lui, ce qui a permis à des entreprises québécoises comme Bombardier et le Groupe CGI de percer le marché anglais.

Le Royaume-Uni est l'un des principaux partenaires commerciaux du Québec avec les États-Unis et la Chine. En 2013, les échanges entre les deux juridictions se sont chiffrés à 4,77 milliards de dollars, en hausse de 9,8 % par rapport à 2012. De plus, au cours des six premiers mois de 2014, les exportations du Québec vers le Royaume-Uni ont progressé de 65 %.


Des résultats à long terme

S'il a souligné à maintes reprises que le Québec était ouvert à brasser des affaires avec des investisseurs du Royaume-Uni, M. Couillard a prévenu que sa mission de 10 jours, qui prévoit des escales à Bruxelles, en Belgique, ainsi qu'au Forum économique de Davos, en Suisse, n'allait pas nécessairement rapporter des dividendes dans un avenir rapproché.

D'après lui, ces voyages à l'étranger servent d'abord et avant tout à « tisser des liens » et « ouvrir des portes ».

« Rappelez-vous FerroAtlàntica (et son usine de silicium) à Port-Cartier, a souligné M. Couillard. Ça a commencé par une discussion informelle à Davos entre (Jean) Charest et le dirigeant de l'entreprise il y a trois ans. Cela ouvre des portes. Si l'on peut conclure des ententes, tant mieux, mais c'est pour nouer des contacts. »

Le premier ministre a également reconnu que cette mission commerciale et politique était coûteuse et que son gouvernement avait tenu compte du contexte budgétaire. Aucun ministre n'accompagne M. Couillard à Londres et Bruxelles. Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, sera toutefois à Davos.

En plus d'entretiens privés, le premier ministre a notamment rencontré l'équipe de la prestigieuse publication financière The Economist et devait faire de même avec l'agence Bloomberg pour détailler son plan de redressement des finances publiques.

« Je veux qu'ils (The Economist et Bloomberg) comprennent notre raisonnement, a dit M. Couillard. Ce sont des vecteurs d'opinion. Un article de The Economist sur le Canada et le Québec, c'est vu par le monde entier. Les gens développent une vision de ce qui se passe au Québec. »

Le premier ministre a également annoncé qu'une entente avait été signée en juin dernier entre l'Université Laval et l'Université d'Oxford dans le domaine de la génomique forestière. Cette collaboration entre les deux institutions visera les grands enjeux scientifiques reliés à la productivité ainsi qu'à la durabilité des forêts.


Couillard appréhende l'effet de la chute des prix du brut sur les transferts fédéraux

La dégringolade des prix du brut risque d'influencer à la baisse les transferts fédéraux destinés aux provinces, concède le premier ministre Philippe Couillard, qui ajoute que cela ne sera pas suffisant pour le forcer à reporter son objectif du retour au déficit zéro.

En marge de son allocution, M. Couillard a néanmoins estimé que la chute du prix de baril de pétrole ne devrait pas avoir d'impact sur les transferts « pour l'année en cours (...) ni l'année prochaine ».

Le mois dernier, Ottawa avait annoncé le versement d'un montant record de 67,9 milliards de dollars en transferts aux provinces pour 2015-2016.

Le Québec en sera le premier bénéficiaire : quelque 20,3 milliards de dollars, dont une somme record de 9,5 milliards uniquement en paiement de péréquation, seront envoyés dans ses coffres pour cette même période de temps.

Même si les paiements de péréquation devaient fléchir, M. Couillard a réitéré que cela ne serait pas suffisant pour non seulement empêcher son gouvernement d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016, mais aussi le maintenir pour les années à venir.


Source : Radio-Canada

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